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Edito du 24 avril 2016

Par le Père Jean-Sébastien Tuloup

Miettes de la Parole ...

 

La Liturgie de ce Temps Pascal nous invite à revenir sur des textes déjà rencontrés mais jamais de la même manière. L’Évangile, tiré de Jn 13, nous met dans le contexte de la dernière Cène. Dans  le Lavement des pieds, Jésus clarifie le sens de sa mission qui a dans le service l’expression la plus haute et plus vraie ; après le geste, l’enseignement : avant de mourir, Jésus donne à ses disciples ses dernières volontés, le testament spirituel qui résume sa vie et qui doit devenir la leur. Jésus leur offre un commandement qu’il définit nouveau, terme qui ne se trouve qu’en S. Jean. En quel sens ce commandement est-il nouveau ? Déjà dans l’Ancien Testament, nous lisons : Tu aimeras ton prochain comme toi-même – Lv 19, 18. Ce qui le rend le nouveau, c’est l’interprétation que Jésus en fait, radicalisant et en même temps portant à sa perfection ce que la Loi prescrivait déjà. L’amour du Christ est inconditionnel, pas seulement circonscrit au prochain proche. Cet amour qui s’exprime dans le don de soi et dans le service, embrasse tout homme, y compris l’ennemi, celui qui va trahir.

La nouveauté du commandement dépend de la personne de Jésus qui, en agissant ainsi, nous dit qui est Dieu. Ce même amour, Jésus demande à ses disciples de le vivre : Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. Ce comme peut être interprété de deux manières ; il peut avoir un sens comparatif ou un sens causal : puisque je vous ai aimés, ainsi aimez-vous les uns les autres. Depuis que Jésus nous a aimés, nous pouvons aimer l’autre d’une manière nouvelle. Dans la mesure où Jésus m’a aimé, je peux aimer les autres, non pour obéir à une loi mais parce que je suis aimé de Dieu d’un amour que Jésus a rendu visible. On comprend pourquoi S. Pierre ne veut pas se faire laver les pieds ; il a peut-être compris qu’en acceptant de faire ce geste, il devrait le faire à son tour.

La 1ère Lecture nous raconte la dernière partie du voyage missionnaire de Paul et de Barnabé. C’est le premier voyage dont parlent les Actes, voyage mis explicitement sous l’égide de l’Esprit Saint, lequel se réserva ces deux hommes pour une telle mission – cf. Ac 13, 2-3. La mission n’est pas le fruit d’un projet pastoral élaboré sur une table, il n’est pas imputable à une stratégie humaine, elle est un fruit spirituel et exprime la nouveauté que le don de Jésus a inauguré et rendu possible. Le don de soi que Jésus réalise l’amènera jusqu’à la croix ; la mission également sera portée en avant au prix de souffrances et d’incompréhensions. Le don de la vie, l’obéissance au commandement nouveau n’ouvrent pas la porte à une vie soulagée des dangers, des divisions et des épreuves mais ils font que ces situations n’étouffent pas le dynamisme de l’Esprit.