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Edito du 6 mars 2016

Par le Père Jean-Sébastien Tuloup

La parabole de l'enfant prodigue … Le temps du repentir se révèle à nous comme le retour d'exil de l'homme. Le fils prodigue, nous dit-on, partit pour un pays lointain, et là dissipa tout ce qu'il possédait. Un pays lointain : telle est l'unique définition de notre condition humaine que nous devons assumer et faire nôtre, quand nous commençons à marcher vers Dieu. L'homme qui n'a jamais fait cette expérience, ne fût-ce que très brièvement, qui n'a jamais senti qu'il est exilé de Dieu et de la vraie vie, ne comprendra jamais ce qu'est le christianisme. Et celui qui est parfaitement chez lui en ce monde et dans la vie de ce monde, qui n'a jamais été blessé par le désir d'une autre réalité, celui-là ne comprendra jamais ce qu'est le repentir. Souvent le repentir est simplement identifié à une froide et objective énumération de péchés et de transgressions, à un aveu de culpabilité devant une accusation légale. Confession et absolution sont envisagées comme des actes de nature juridique. Mais on néglige une chose essentielle, sans laquelle ni la confession, ni l'absolution n'ont de signification réelle, ni de pouvoir., le sentiment d'être exilé de Dieu, exilé loin de la joie de la communion avec Lui et loin de la vraie Vie qui est créée et donnée par Dieu. Il est facile en effet de confesser que je n'ai pas jeûné aux jours prescrits, que j'ai oublié mes prières ou que je me suis mis en colère. C'est tout autre chose de réaliser tout à coup que j'ai souillé et perdu ma beauté spirituelle, que je suis très loin de ma vraie demeure, de ma vraie vie, et que, dans la trame même de mon existence, quelque chose de précieux et de pur a été irrémédiablement brisé. Pourtant cela, et cela seul, est le repentir, et c'est pourquoi il est aussi un désir profond de retourner vers ce qu'on a quitté, de revenir, de retrouver le home perdu. J'ai reçu de Dieu de merveilleuses richesses: tout d'abord la vie et la possibilité d'en jouir, de lui donner un sens, de la remplir d'amour et de connaissance; puis, au Baptême: la Vie nouvelle du Christ lui-même, le don de l'Esprit-Saint, la paix et la joie du Royaume éternel. J'ai reçu la connaissance de Dieu, et en Lui la connaissance de toutes choses, et le pouvoir d'être fils de Dieu. Et tout cela, je l'ai perdu; tout cela, je le perds constamment, en préférant le pays lointain à la beauté de la maison du Père.  Que cette semaine de mission nous aide à préférer la beauté de Dieu !