Homélie du 3 Novembre 2020
L’Hymne aux Philippiens dans le deuxième chapitre de la lettre de saint Paul adressée à cette communauté est un petit trésor spirituel et théologique, que nous devrions relire et méditer souvent. Elle fait d’ailleurs partie des hymnes qui sont au bréviaire. Elle nous livre toute la richesse du mystère de l’Incarnation, nous invitant à avoir les mêmes dispositions qui sont dans le Christ Jésus. Elle nous dit qu’être homme comme Jésus, c’est être serviteur, serviteur du Père et de ses frères. C’est ce double service qui donne tout son poids à notre humanité et tout son sens à notre existence. Ce qui constitue le centre de la vie du Christ, c’est l’obéissance. C’est ce que nous retrouvons dans la lettre aux Hébreux : « En entrant dans le monde, le Christ dit : Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pas agréé les holocaustes ni les sacrifices pour le péché ; alors, j’ai dit : Me voici, je suis venu, mon Dieu, pour faire ta volonté, ainsi qu’il est écrit de moi dans le Livre » (10, 5-7). La Parole de Dieu nous livre le message de ce que nous avons à vivre, en inventant chaque jour une façon de la mettre en pratique. Ainsi, la Parole de Dieu nous fait entrer dans notre véritable vocation qui nous prépare au Royaume éternel. Par notre corps, comme le Christ, nous accueillons la Parole de Dieu ; par notre corps, nous devenons la demeure de Dieu, le temple de l’Esprit Saint. Ce qui fait réussir notre vie, c’est d’entrer dans l’obéissance au Père pour que se manifeste notre filiation divine ; il ne s’agit pas d’une obéissance servile, mais d’une obéissance pour épanouir notre vie, pour faire resplendir notre liberté et pour remplir la mission qui est la nôtre, notamment par notre devoir d’état. Nous devons nous rappeler ce que dit la lettre à Diognète (c. 6), un des premiers textes après le Nouveau Testament, à une époque où les chrétiens avaient tendance à ne pas vivre le mystère de l’Incarnation et à se retirer des affaires du monde : « Le poste que Dieu nous a fixé est si beau qu’il ne nous est pas permis de le déserter ».
« Seigneur Jésus, comme dans la parabole de l’Évangile, tu nous invites à ta table, préfiguration de la vie éternelle. Mais en acceptant de nous nourrir de ta Parole et de ton Corps, nous modèle pour que nous ayons les mêmes dispositions que Toi, que nous acceptions de nous faire serviteur à la gloire du Père, par la prière pour la louange, par l’amour de nos frères. Seigneur Jésus, fais de nous des serviteurs dans l’Église servante ».
