S. Jean-Louis BONNARD — Paroisse de la Rédemption-Saint Joseph

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S. Jean-Louis BONNARD

Fête de saint Jean-Louis Bonnard dans le diocèse de Lyon. Le connaissez-vous ? Saint Jean-Louis BONNARD, né le 1er mars 1824 à Saint-Christo en Jarez dans la Loire, décapité au Tonkin, le 1er mai 1852. En dépit des difficultés intellectuelles qui étaient les siennes, il a persévéré jusqu’à obtenir un bon classement. Il fit ses études au petit séminaire de Saint-Jodard, dans la Loire, puis au grand séminaire de Lyon. Il rentre aux Missions étrangères de Paris, et est ordonné prêtre le 23 décembre 1848. Il part pour le Tonkin le 8 février 1949. Il y arrive en mai 1850, après une traversée de 15 mois ! Il a été béatifié le 7 mai 1900 et canonisé parmi les 117 martyrs d Viêt Nâm, le 19 juin 1988.

Voici un extrait de la dernière lettre à ses parents :

Mes chers parents,

« Le Seigneur a levé la main pour me frapper, l’enfer s’est déchaîné, et, sans épargner le troupeau, il a dressé principalement ses batteries contre le pasteur. Cependant, consolez-vous : si le Seigneur frappe d’une main, il guérit de l’autre, et, si le Seigneur est pour nous, c’est en vain que l’enfer entier s’arme contre nous. Au commencement du mois de mars de cette année 1852, j’étais occupé, depuis cinq jours, à faire l’administration dans un petit village de mon district. J’étais parfaitement en paix, lorsque je fus dénoncé en secret aux mandarins… Après avoir célébré la sainte Messe, je me mis tranquillement à suppléer les cérémonies du Baptême à environ vingt-cinq enfants. Tout à coup, le mandarin arrive à l’improviste, et cerne le village en plein midi. Je voulus fuir, mais en vain : des embuscades avaient été dressées dans tous les environs, de sorte que toute évasion me fut impossible. Je fus donc pris et lié par ordre du mandarin, puis enfermé dans une étroite prison, la cangue et la chaîne au cou, gardé avec la plus stricte vigilance. Voilà un mois et huit jours que je suis en prison. Je ne suis pas privé de la visite des chrétiens ; ils viennent de temps en temps causer avec moi, et, tous les jours ils m’apportent à manger. Telle est, chers parents la bonté de Dieu ! Il sait bien avoir soin de ceux qui sont à son service : depuis que je vous ai quitté, en liberté comme au fond de ma sombre et étroite prison, je n’ai jamais manqué du nécessaire… On s’occupe maintenant à faire mon procès. Comme le roi de ce royaume annamite hait la religion chrétienne, au point d’avoir promis trois mille francs à qui livrerait un prêtre européen, mon arrêt de mort sera signé et exécuté dans quelques jours. Quand vous recevrez cette lettre, vous pourrez être certains que ma tête sera tombée sous le tranchant du glaive, je serai martyr, je serai mort pour la foi de Jésus Christ, immolé par les infidèles, en haine de cette religion sainte dont vous m’avez donné les premières leçons. Ces leçons, je m’en rappelle toujours, et elles font encore ma consolation au fond de mon noir cachot. Cette religion que je suis venu annoncer dans ces lointains pays, cette religion divine que Jésus a signée de son sang sur le Calvaire, pour laquelle tous les apôtres et des millions de martyrs ont versé leur sang, c’est pour elle que moi aussi je vais bientôt mourir ! Oui, mes chers parents, immolé de la sorte, comme le divin Jésus, comme tous les saints martyrs, par la main des méchants, j’espère monter, après tous ces héros de la foi, dans le séjour de la gloire. Ainsi, mon cher père, ma chère mère, mes bien-aimés frères, ne pleurez pas en lisant cette lettre qui ne doit vous être remise qu’après ma mort. Ne pleurez pas, mais réjouissez-vous, car mn âme s’est élevée au séjour des bienheureux. Si je puis quelque chose auprès du trône de sa Majesté, certes, je ne vous oublierai point, vous qui m’avez tant aimé, vous qui avez fait tant pour moi… J’étais encore bien jeune, auprès de vous, et déjà je désirais ce qui m’arrive aujourd’hui. Maintenant que le Seigneur m’exauce, je baise avec respect les instruments de mes souffrances, et mon âme surabonde de joie ! … C’est là-haut, dans le séjour des bienheureux, que je vous donne rendez-vous : c’est là-haut que vous me verrez, je vous attends, que personne de manque. Adieu, adieu.